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Jean Delvigne, citoyen d'honneur de Cravanche

10/03/2012 - Lu 5472 fois
Cérémonie du 20 novembre 2004, 60eme anniversaire de la libération de Cravanche.

Monsieur le Maire,

Depuis ce jour lointain et toujours présent soixante ans après, où CRAVANCHE accueillait dans une explosante joie ses libérateurs comme s’ils étaient des enfants du pays, je me suis toujours senti un peu chez moi dans votre ville.
M’en voici aujourd’hui officiellement déclaré citoyen « honoris causa ».
Merci Monsieur le Maire, Monsieur le Maire-Adjoint, Mesdames et Messieurs les conseillers municipaux. Je n’oublie pas vos prédécesseurs :
Monsieur DOLAT à qui nous devons le monument, Madame « SEUT’ON » en dialecte local Madame SUTTON, qui a eu à cœur de le mettre en valeur lors de la rénovation de la grande rue.
Nos amis fidèles qui veillent à ce que cette page de l’histoire de Cravanche ne tombe pas dans l’oubli : Monsieur BEDAINE hier, Monsieur Yves DEVAL aujourd’hui, qui a repris le flambeau et à qui nous devons pour une large part, n’est-ce pas  Monsieur le Maire ?, la réussite de cette soirée commémorative.
Nos remerciements s’adressent à tous les Cravanchois avec une mention particulière pour Monsieur DESCROIX, directeur de l’ALSTHOM, avec deux « h », le « h » d’honoraire  , le « h » dont l’Alsthom a été amputé depuis, avec quelques autres lettres de noblesse, il a apporté toute son aide à la ville de Belfort pour l’installation de la magnifique plaque représentant l’insigne des Commandos d’Afrique sur la grille de l’usine.

Cette citoyenneté, bien entendu, est à partager avec mes camarades commandos d’Afrique et de Provence.
A commencer par les présents :
• le colonel PLANCKE, notre président, évadé par les Pyrénées, interne dans le camp espagnol de MIRANDA, volontaire pour les commandos d’Afrique avec lesquels il participe à tous les combats de l’Ile d’ELBE au DANUBE, sous les ordres du prestigieux capitaine DUCOURNAU ;
• Charles LECA, notre trésorier général, le pilier de notre association, engagé à Marseille au débarquement, participe aux combats de la Libération, notamment au MARTINET, à la lisière du bois d’Arsot ;
• Même combat pour son « collègue Marseillais », le sergent MALAFRONTE, revenu après la guerre dans le territoire de BELFORT, où il a connu sa future épouse. Ils habitent BAVILLIERS ;
• Marcel DEVAL, notre Belfortain qui après les Commandos d’Afrique, a continué le combat en Indochine comme parachutiste SAS (les glorieux bérets rouges) ;
• Pierre MAILLOT, rescapé de la forêt de NONNEBRUCK à CERNAY, venant de Paris.
• Présent aussi à Cravanche, après avoir été honorés à VALDOIE, nos camarades provençaux : GRAS président Rhin et Danube à Aubagne, PARET du Vaucluse, ROUSSEL de l’Ardèche, MASSON (Daniel) de Martigues, ROUBIEU, de Martigues aussi, mais émigré dans le Béarn, MASSON (Pierre) installé à EVETTE-SALBERT (au pied de notre montagne magique), bien qu’éprouvé par une récente intervention chirurgicale, il a courageusement tenu à assister aux cérémonies du 60ème anniversaire dont il a été l’un des organisateurs pour l’ensemble de la région de Belfort. L’amicale lui prescrit le repos pour une convalescence aussi courte que possible grâce aux bons soins de Madame MASSON.

Avec les commandos, le Bataillon de choc a aussi sa place aujourd’hui à CRAVANCHE, en la personne du Commandant MUELLE, il serait avec nous en ce moment s’il n’était pas pris dans les stations de RADIO BLEU pour participer, en sa qualité d’écrivain et d’historien militaire à une émission en direct sur la libération de Belfort dont il fut l’un des acteurs comme chef de section.
Nous sommes les anciens camarades de promotion à l’escadron  ABC ( armée blindée cavalerie) de l’Ecole d’élèves officiers de CHERCHEIL. Affectés dans des unités différentes, nous étions sans nouvelles l’un de l’autre, lorsque Raymond MUELLE à la liste de sa section arriva à CRAVANCHE dans l’après midi du 20 novembre 1944, précédant les chars du 6ème régiment de Chasseurs d’Afrique, et se porte au secours des deux sections du 2ème commandos d’Afrique, combattant depuis des heures sur la ligne de chemin de fer à l’entrée de BELFORT, épuisés et sur le point d’être submergés.

C’est dans le feu du combat que deux vieux frères d’arme se sont retrouvés. Cela ne s’oublie pas et on comprendra que j’aurais aimé partager en ce moment avec mon vieil ami le témoignage de reconnaissance de CRAVANCHE, au double titre (pour satisfaire son goût de l’humour en toutes circonstances) de libérateur