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Libération de Cravanche (3)

24/03/2012 - Lu 4764 fois
Histoire de la Libération de Cravanche par les Commandos d'Afrique le 20 novembre 1944.
Prise du Salbert par les Commandos du colonel BOUVET

Colonel Bouvet

Dès la soirée du 19 novembre, le colonel CHAPPUIS donne l’ordre au colonel BOUVET d’attaquer la nuit même le Salbert.

A 23h, une première patrouille comprenant 5 volontaires (dont l’aspirant KAMMERLOCHER originaire de Belfort) commandée par le capitaine MOLLAT, est envoyée en reconnaissance. Elle repère en particulier une passerelle de fortune en bois vermoulu pour franchir le canal de la Haute-Saône.

A 1h30, par une nuit noire, 1200 hommes, sous le commandement de BOUVET, descendent de Châlonvillars et franchissent le canal sur cette passerelle puis montent silencieusement en direction du Salbert. L’adjudant ROCCA et deux Marocains, des spécialistes, les ont précédés pour sécuriser le passage. Deux sentinelles allemandes sont poignardées. En tête de la longue colonne le groupe DUCOURNEAU porte les échelles nécessaires à l’assaut du fort. Des tirs d’artillerie sur les flancs de la colonne sécurisent la progression. Mais à plusieurs reprises on frôle les patrouilles allemandes. Les hommes sont exténués, la colonne risque de se disloquer. Les chefs de section sont aux aguets.

 

A 6h30, ce matin du 20 novembre, les hommes de DUCOURNEAU sautent dans les fossés du fort, posent leurs échelles contre les murailles et prennent pied dans le fort. Celui-ci est vide … Seule la femme du gardien est là pour informer que les Allemands se sont repliés plus bas sur une ligne de défense dans le petit Salbert. Les archives de la Wehrmacht révèlent qu’une unité était prévue pour la relève mais elle n’est jamais arrivée.

Pour BOUVET et ses hommes le succès est total. L’infiltration de 1200 hommes des Commandos qui ont parcouru dix kilomètres à travers les lignes allemandes pour occuper un point stratégique sans aucune perte est remarquable.

BOUVET donne ses ordres. La première partie de la mission des Commandos est remplie. Après le groupe des Africains, c’est maintenant aux Provence de COURSON de jouer. Ceux-ci ont ordre de descendre à l’est sur Valdoie et de s’emparer de ce faubourg en veillant au maintien du pont sur la Savoureuse au milieu de l’agglomération. BOUVET a l’intention de rester ici avec le groupe Afrique.

 

Croquis de l’attaque du Salbert

par le Colonel BOUVET

 

 

Témoignage de l’aspirant DELVIGNE, le 1er à Cravanche

Aspirant Delvigne

« Depuis le sommet du Salbert l’aube se lève, le temps est maussade. Je m’adresse à mon Capitaine, Paul METIVIER commandant le 2ème Commando :

Regardez à nos pieds, Belfort, un des noms les plus prestigieux de notre histoire militaire

Je vous demande de m’autoriser à faire une reconnaissance.

METIVIER trouve l’idée intéressante mais saugrenue. Il sollicite cependant BOUVET qui refuse d’abord, car la mission était de s’emparer du Salbert et de le tenir en attendant l’ordre de descendre sur Belfort lorsque les blindés franchiront le canal.

Finalement, la tentation étant contagieuse, BOUVET donne son accord.

METIVIER revient vers moi et me dit :

Vas-y ! Je te suis mais bien entendu tu es le patron.

Les 27 hommes de ma section plus le Capitaine en serre-file dévalons les pentes par les raccourcis »

 

 

Premiers contacts avec Cravanche

« A 7h30 nous atteignons les premières maisons de Cravanche. Au bas de la longue rue nous rencontrons une patrouille allemande. Premier accrochage. Les blessés parmi lesquels le sergent BIANCARDINI, sont transportés dans une salle d’école. Les premiers soins leur seront donnés par Mme CANAL. Le jeune lieutenant qui commande la patrouille allemande, agonise. Il demande la présence d’un prêtre »

« A 8h je franchis le panneau Belfort devant le sergent Robert MAZET. METIVIER qui nous a rejoints informe par radio BOUVET : Ici Napoléon ! Je viens de dépasser la pancarte Belfort et demande le reste de mon commando. BOUVET répercutera à son tour à de LATTRE : Salbert occupé. Patrouille dans Belfort. Envoyez-moi les blindés »

« Dans les rues de Cravanche la population a commencé à sortir des caves et à nous apporter à boire. Tandis que nous nous interrogeons sur la conduite à tenir un homme vient à nous et se présente, Richard de la HARPE, Ingénieur à l’Alsthom. Il me propose de me guider dans la vaste usine encore partiellement occupée et de me conduire à l’autre extrémité, au dernier étage d’un bâtiment d’où je pourrai observer les mouvements de l’ennemi. METIVIER donne son accord »

 

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