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Des Cravanchois se souviennent ... (5)

10/03/2012 - Lu 3693 fois
Du côté du Faubourg des Vosges

Alexandre DAGAEFF

 

A la libération, Alexandre DAGAEFF a 17 ans ; il habite au n°40 de la rue de Madagascar tout près de la voie ferrée à 200 mètres environ du pont de Cravanche.

« Depuis le mois de mai les alertes aériennes sont fréquentes. La plupart des gens du quartier se retrouvent dans l’abri aménagé au square de la Roseraie.

L’immeuble que j’habite a été touché lors du bombardement des alliés le 11 mai 1944, épargnant cependant notre appartement situé côté est. Depuis l’appartement en ruine et abandonné au 2e étage, je peux observer, au travers du pan de mur détruit, les mouvements dans la rue de Ferrette et les passages de trains.

Dimanche 19 novembre1944, le temps est beau et froid. Dans les rues du quartier, une patrouille allemande circule, aux aguets pour rafler les civils valides qu’elle trouve.

Lundi matin 20 novembre, il pleuvote et le ciel est brumeux. Vers 11 heures, un bruit circule : les Américains sont à Cravanche. Je me rends à mon observatoire tout proche. Je vois alors des soldats allemands en file indienne se diriger le long de la voie ferrée vers le passage à niveau de Cravanche et d’autres soldats, immobiles, surveiller la rue de Ferrette. »

Il s’agit de la contre-offensive allemande sur Cravanche que les Commandos d’Afrique ont un grand mal à contenir jusqu’à l’arrivée des chars.

La maison de la rue de Madagascar

où habite Alexandre DAGAEFF

est partiellement démolie par le bombardement.

« En début d’après-midi, des tirs de mortiers sont dirigés sur Cravanche. Je rejoins mes parents à la cave. Vers 15h, j’entends des cris. Est-ce de nouveau une rafle ? Je me hasarde hors de la cave. Je vois alors plein de monde au croisement de la rue Paul Bert. J’entends parler français et je découvre qu’il s’agit de nos soldats.

Confiant, je pousse ma reconnaissance jusqu’au faubourg des Vosges (actuellement Rue Jean-Jaurès ) Là, je vois un char français flamber et des soldats progresser vers le centre de Belfort. Un soldat allemand gît et râle sur le trottoir.

Je reviens sur mes pas et je remonte vers le pont de Cravanche. Je côtoie un soldat africain mort sur le bord de la route, avec un trou dans le casque. J’en garde aujourd’hui une image toujours aussi saisissante.

Des chars stationnent maintenant rue de Madagascar. Un PC est installé au n°16 du Faubourg des Vosges où se trouvait un café à l’époque. Je vois alors des hommes sortir de partout, certains avec des brassards de la Résistance »

 

La libération totale de Belfort durera encore jusqu’au lundi 25 novembre. 

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